C’était il y a 3 ans … Le 07 avril 2008

J’ai vécu des jours difficiles dans ma vie mais aucune de ces journées n’étaient si difficiles à vivre que ce jour là …

Souvenir le plus marquant :
Je me suis endormie en pleurant et me suis réveillée dans le même état avec une infirmière qui me rassurait pendant ma phase de réveil, me disant « ce n’est pas grave, je comprends, ça va aller vous verrez … »

Depuis le début de ma vie de femme, c’est-à-dire depuis que je suis en mesure de réfléchir raisonnablement (pas qu’en j’étais ado quoi), j’ai toujours été pour l’avortement, mais en disant toujours « je suis pour mais ce n’est pas pour moi».
Je comprenais oui, en me disant bien naïvement que jamais je n’en subirais … Quelle imbécile.

 

On pense souvent comme ça, jusqu’au jour où on y est confronté …

 

Attention, je ne regrette pas ma décision. Cet « enfant » ne me manque pas, je ne « pouvais » pas me permettre de le garder …
La décision est venue d’elle-même, je n’ai pas vraiment réfléchi à cela, c’était logique, nécessaire, raisonnable … mais bon sang, psychologiquement c’est vraiment difficile, une réelle douleur.
Je ne parlerai pas ici des justifications qui m’ont poussé à faire cela : ça me regarde, c’est mon choix mais, au bout de 3 ans, pouvoir mettre des mots sur ça, je crois que j’en ai besoin ; rien que le fait de me souvenir de cette date en est la preuve, enfin je crois … tout comme la DPA …

1ère phase qui paraît insurmontable : l’échographie pour dater la grossesse.

J’ai toujours considéré les échographies comme de bons moments lors de mes grossesses ; des occasions de se rendre compte de la bonne santé de mon bébé, des occasions de « rencontres » avec ce petit bout de moi, ce petit bout d’amour.
Ce jour là, je me suis forcée pour ne pas regarder l’écran lors de l’échographie, je me concentrais sur ce qui devait être au final qu’une démarche médicale … C’était sans compter sur l’inhumanité et la bêtise de l’échographe, mêlant d’un seul coup la douleur, la culpabilité, la tristesse, la désolation …

… Pourquoi a-t-il mis le son ?
 …Pourquoi me faire subir la douleur d’entendre le petit cœur qui battait ?

Vous vous imaginez bien que je n’ai pas pu retenir mes larmes … une torture …

Le reste des démarches se sont vite déroulées.
Le personnel  médical rencontré lors de mes démarches était adorable, humain, « compréhensif », attentif à mon bien-être, à la certitude de mon choix et ce sans jamais aucun jugement de valeur.
Hormis l’échographe, toutes les personnes rencontrées étaient des femmes et finalement leur humanité est logique : qui d’autre qu’une femme peut comprendre et ressentir cette douleur, ce choix ?

 

Désolée pour ce post si « négatif » mais j’ai besoin aujourd’hui de mettre des mots pour tout cela.

Ça faisait un moment que je n’avais pas fait de post ici mais il le fallait … J’espère que vous comprendrez …

Une certitude s’impose quand même à moi depuis : je ne regrette absolument pas mon choix mais jamais, JAMAIS, je ne revivrai ça ….

Je vous souhaite néanmoins une bonne journée parce qu’il est vrai, la vie continue

 

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